27 septembre 2021

L’accessibilité universelle : l’affaire de tous!

L’accessibilité universelle

Le tourisme durable est une activité dont les effets socio-économiques sont importants. Par exemple, il représente en moyenne 4,4% du PIB (Produit Intérieur Brut) et 21,5% des exportations dans les pays membres de l’OCDE (organisation de coopération et de développement économique).

Ces chiffres permettent de comprendre l’importance du tourisme mais, est-il accessible à tous?

Selon Altergo, 33% de la population du Québec vivant en ménage privé ou collectif déclare avoir une limitation fonctionnelle (identifiée par l’abréviation PALF). C’est pourquoi l’accessibilité universelle est incontournable car elle permet de rendre l’offre touristique adaptée aux besoins des visiteurs ayant certaines limitations, par exemple, les personnes vieillissantes qui sont de plus en plus nombreuses à la recherche de destinations accessibles.

L’accessibilité universelle dans le tourisme, de quoi parle-t-on?

Simplement, l’accessibilité universelle (AU) est la condition qui permet la participation de tous à une activité quelconque. Lors du Café-Jasette du 21 septembre dernier, notre invitée, Isabelle Ducharme, présidente de Kéroul, a mentionné que « l’accessibilité universelle est une responsabilité sociale. En effet, dit-elle, le temps où il paraissait charitable d’adapter universellement un endroit ou une activité est révolu. Il s’agit, au contraire, d’une obligation autant au niveau provincial, fédéral et international ainsi que d’un droit fondamental pour toute personne d’avoir accès aux mêmes services que l’ensemble de la population».

L’AU favorise l’équité et s’inscrit dans une approche qui se veut participative et inclusive. Elle est donc partie  intégrante de la dimension sociale du tourisme durable dont les éléments clés sont résumés dans la figure ci-dessous.

Source de l’image

Lorsque l’on pense à adapter des installations pour des personnes en situation de handicap, c’est souvent la rampe pour les fauteuils roulants qui nous vient en tête. Or, il existe pourtant 7 types de limitation fonctionnelle (PAF) qui concernent l’accessibilité universelle :

      1. La déficience motrice.

      2. La déficience auditive.

      3. Les troubles de langage-parole.

      4. Les troubles de santé mentale.

      5. La déficience visuelle.

      6. La déficience intellectuelle.

      7. Les troubles du spectre de l’autisme (TSA).

 

Comprendre les enjeux de l’accessibilité universelle

 

L’AU a un effet positif sur la qualité de vie des personnes. Elle comporte plusieurs enjeux qui sont résumés dans la figure ci-dessous. Nous retiendrons l’importance des installations, l’accès à l’information et une sensibilisation auprès des clients et des entreprises.

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Aussi, il est important d’agir sur les 4 axes de l’AU suivants :

  1. Architectural et urbanistique : L’axe architectural englobe tout ce qui concerne l’environnement physique comme les sentiers et les bâtiments. Il est question de respecter les normes d’accessibilité. Vous pourriez par exemple adapter les entrées de votre entreprise et vos activités (ex. aménager la devanture de votre commerce afin de permettre le passage de personnes en fauteuils roulants, ascenseurs, etc..)

  2. Programmes, services et emploi : Cet axe rassemble les activités spécialisées pour favoriser l’AU. Il permet de présenter à tout le monde les réalités d’une limitation fonctionnelle et d’expliquer l’importance de l’inclusion. Par exemple, préparer des activités récréationnelles pour les personnes en fauteuil roulant.

  3. Communication : On insiste ici sur l’importance d’avoir accès à l’information que ce soit à travers un support, un format ou une langue qui est accessible pour tout le monde (ex. accueil, signalisation, pancartes des toilettes, carte du site, traduction en langage braille, etc.)

  4. Sensibilisation et formation : Il s’agit de sensibiliser les employés et les clients à l’importance d’offrir des services et produits accessibles à tous. Les employés qui sont bien formés sur les enjeux de l’accessibilité universelle offriront un service plus personnalisé et complet aux touristes. Kéroul offre d’ailleurs des formations pour les entreprises touristiques sur différents sujets dont l’accueil des personnes en situation de handicap.

L’accessibilité universelle est l’affaire de tous puisque la situation d’une seule personne ayant une limitation fonctionnelle à un impact sur la vie de son entourage et sur la société dans laquelle elle vit. Autrement dit, tenir compte des personnes vivant avec une limitation fonctionnelle encourage leur participation à diverses activités touristiques. D’ailleurs, lors du Café-Jasette du 21 septembre dernier, une participante a mentionné qu’il était important d’éliminer le concept de «client de deuxième zone», soit « les clients en situation de handicap qui ont accès au restaurant par la ruelle, entre les bacs d’huile et les poubelles, où on entre par une porte sans âme». C’est important que tous les clients obtiennent le même service.

L’association québécoise pour le loisir des personnes handicapées a mis en place une initiative intitulée Destination loisir qui est un événement régional qui a pour objectif d’organiser des activités sportives, récréatives, touristiques et culturelles pour les personnes ayant des limitations fonctionnelles. Cette initiative permet aux individus de découvrir le Québec et de se sentir inclus dans l’activité touristique de la région. 

Cette initiative est la bienvenue puisque rappelons qu’au Québec,les personnes vivant avec une limitation fonctionnelle représentent une part croissante du marché touristique. En effet, tel que nous mentionnait Isabelle Ducharme, ce groupe de personnes représente aujourd’hui déjà 15% de la population.

Isabelle Ducharme a aussi expliqué lors du Café-Jasette que le Ministère du tourisme avait mis en place un fond de 5M$ pour encourager les entreprises à rendre leurs infrastructures et services plus accessibles. Kéroul a donc le mandat de soutenir les entreprises intéressées par une telle démarche (se référer à la section 4 plus bas ).

Comment inclure l’accessibilité universelle dans notre quotidien?

Il est impératif de créer des expériences et des endroits où tout le monde peut vivre des choses en même temps. La volonté d’inclure le plus grand nombre devrait faire partie des valeurs de toutes les organisations et entreprises  selon les principes de développement durable.

Par où commencer? 

En effet, beaucoup de personnes et d’entreprises touristiques souhaiteraient être plus inclusives, mais sans nécessairement savoir comment s’y prendre.

D’abord, il faut tenter de comprendre, il faut s’informer. Cette prise de conscience pourrait permettre à plusieurs entreprises de voir leur offre de services sous un nouvel angle, soit celui des personnes vivant avec des besoins particuliers.

Une bonne façon de se familiariser avec les divers éléments en lien avec l’AU serait donc de participer à une activité de sensibilisation avec une organisation telle que Kéroul (spécialisé en tourisme) ou encore Altergo (association de membres qui touche seulement le territoire de Montréal).  

Informations pratiques pour les entreprises touristiques 

Documents gratuits

Kéroul offre de nombreuses ressources sous forme de guides et propose plusieurs actions concrètes pour faciliter la transition des entreprises touristiques qui veulent adopter des pratiques plus inclusives en matière d’AU.

Dans la même optique, la ville de Québec et l’institut de réadaptation en déficience physique du Québec ont réalisé un :

Ce dernier contient 17 fiches qui expliquent les diverses normes et lois qui régissent l’aménagement des espaces intérieur et extérieur  pour faciliter les déplacements aux personnes vivant avec une limitation fonctionnelle.

Pour finir, l’organisme « Moelle épinière et motricité Québec », dont la mission est de favoriser l’autonomie et d’améliorer la qualité de vie des personnes,  a rédigé, dans le cadre du plan de développement de Montréal un :

  • Mémoire sur l’importance de l’AU 

 

Ressources financières disponibles

Programme de 5 millions de dollars pour soutenir les entreprises qui veulent améliorer leurs infrastructures pour les rendre plus accessibles: Kéroul a reçu le mandat du Ministère du tourisme pour aider les entreprises à rendre leurs activités plus accessibles. Cet argent sera investi par tranche de 100 000 par établissement et le gestionnaire doit apporter une contribution de 20%. Toutefois, le panier est déjà presque vide. C’est bien signe que l’intérêt est présent parmi les organisations en tourisme mais on espère que celui-ci puisse se remplir à nouveau.  

 

Sensibilisation, formations et ateliers

 

“L’éducation est l’arme la plus puissante qui soit pour changer le monde”. Nelson Mandela

  • La meilleure chose à faire serait d’offrir à vos gestionnaires et employés une formation de 3h30. Kéroul peut accompagner les entreprises qui veulent être plus accessibles. Le contenu de chaque formation est adapté et présente des exemples concrets.

    Voir:  Le programme de formation Service Complice

 

Vous pourriez être sur le bon chemin et ne pas le savoir,  dites-le!

 

  • Un précieux conseil d’Isabelle Ducharme lors du Café-Jasette du 21 septembre dernier : sur votre site web, mettez une section en évidence pour les services adaptés si vous en avez. Cela permet aux touristes ayant des besoins particuliers de savoir facilement s’ils peuvent vous choisir pour leurs séjours ou activités. Ces informations sont toujours cachées et introuvables sur les sites!

 

Conseil terminologique

Il faut faire attention à la terminologie qu’on utilise. La tendance actuelle est de dire une personne en situation de handicap. Bien qu’il n’y ait pas un terme qui fasse l’unanimité, l’important est de mettre le mot « personne » en premier comme par exemple: une personne aveugle, une personne sourde, etc. Cela permet de mettre l’accent sur la personne d’abord et non sur sa limitation fonctionnelle. Les termes à éviter sont tous ceux qui invoquent la pitié comme invalide, sourd, muet,  infirme, handicapé, etc. tel que mentionné par la présidente de Kéroul lors de son passage chez TDQ. 

 

Destination inspirante

La Flandre (Belgique): Une région touristique inspirante en termes d’accessibilité. Depuis déjà quelques années ils ont instauré plusieurs initiatives pour être plus inclusif: cette région de Belgique met tout en œuvre pour être un pays de vacances agréable pour tous : les jeunes, les touristes en situation de handicap, etc. 

 

En conclusion

 

Les besoins de notre société en termes d’accessibilité n’iront pas en diminuant. Bien au contraire, l’accès au transport, au logement, à la consommation, à la vie démocratique est un désir et un droit que partagent tous les citoyens. Investir dans l’accessibilité universelle en tourisme est donc un choix sensé, réfléchi, rentable et surtout durable. Tout le monde y gagne!

Au Québec, plusieurs acteurs sont déjà engagés envers cet aspect de la dimension sociale du développement et du tourisme durable.

Et vous, c’est pour quand?

Kéroul: est une entreprise à but non lucratif dont les actions visent à rendre le tourisme et la culture accessible aux personnes à capacité physique réduite. Elle offre des services d’évaluation et de certification, de formation ainsi que du service-conseil pour améliorer l’accessibilité de l’établissement. L’organisation met au centre de ses pratiques les valeurs suivantes : le pragmatisme, l’inclusion, l’empathie, la collaboration, l’engagement.

Altergo :  est un organisme rassembleur et un moteur en innovation sociale qui a l’accessibilité sociale au centre de ses préoccupations. Altergo comporte environ 145 membres qui se soucient de l’accès au sport, au loisir et à la culture pour les personnes vivant avec une limitation fonctionnelle sur l’île de Montréal.  Cet organisme a pour mission principale le développement social en soutenant l’inclusion des personnes ayant une limitation fonctionnelle.

L’association québécoise pour le loisir des personnes handicapées: est un organisme sans but lucratif qui encourage la conception et le développement d’activités touristiques (physiques, récréationnelles, culturelles, etc) destinées aux personnes en situation de handicap afin de favoriser leur développement.

Texte par Yasmine Benbelaid 

Collaboration: Geneviève Turner et Caroline Asselin

 

Pour visionner l’enregistrement du Café Jasette du 21 septembre 2021 (vous devez être connecté à votre accès membre): Le volet sociale en tourisme durable: pourquoi?

Lire les autres textes de la thématique:

Développer l’implication sociale – comment faire?

La dimension sociale du tourisme durable (ISTO)

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